Bien se tenir à la plage avec Madame de Rothschild

La plage, c’est comme tout, elle a ses propres codes et ses repères à ne pas manquer sous peine de passer pour un bidochon, voire pire, pour une racaille de français (oui oui il y en a aussi ici…).

Triptyque de la vague

Règle N°1 : le surfeur est roi

En Australie, c’est peu dire que le surf est LE sport national (rappelez-moi de vous toucher quelques mots du rugby et du football australien aussi… ça vaut le détour). Du coup, le surfeur est roi sur les plages australiennes. Tu peux même l’apercevoir dès 6h du matin (été/hiver, pluie/neige/grêle) sur tout bon spot qui se respecte. Forcément, après 6h, les vagues sont moins bonnes et en plus il y a tous les débutants qui arrivent. La loose de se faire prendre une vague par un newbie …

Par ailleurs, les kite surfeurs sont carrément interdits. On ne mélange pas les torchons et les serviettes. Pour faire du kite surf, il faut s’exiler sur des plages spécifiques au sud de Sydney comme Botany Bay par exemple. Si vous ouvrez le lien, vous verrez que Botany Bay est la baie dans laquelle il y a … l’aéroport… Pratique pour faire du kite surf. Au moins, il ne pourront pas se plaindre de ne pas avoir de vent.

Mais bref, revenons-en au sujet principal : les surfeurs. Le surfeur est également prioritaire par rapport au baigneur. C’est à dire que sur une plage de 500m de long, tu peux surfer partout… Par contre, tu n’as pas le droit de nager partout… Et bien oui, ça se passe comme ça en Australie. Ce qui nous emmène directement au point suivant : les drapeaux.

Règle N°2 : les drapeaux tu respecteras

Les drapeaux ne sont pas là pour indiquer les conditions météo ou la dangereusité de la baignade comme en France. Non ici, ils sont là pour délimiter le couloir de baignade. Donc comme dit juste au-dessus, sur une plage de 500m, tu peux te retrouver avec un couloir de baignade de 20m de large dans lequel tout le monde est agglutiné, que ce soit dans l’eau ou sur la plage (forcément, on ne va pas poser sa serviette à 300m de l’endroit de baignade…). Oui oui, c’est logique.

Lifeguards

Et si jamais, en bon français, tu décides de te révolter contre le système et de te baigner sauvagement en dehors des drapeaux, les « sauveteurs » seront là pour te le rappeler aimablement à coup de mégaphone depuis la plage…

Bon ok, je suis un peu extrême quand même, les drapeaux servent aussi à indiquer l’état de la baignade (en plus de délimiter la zone). Et voici leur signification d’ailleurs. Comme ça, quand vous viendrez ici, vous ne risquerez rien.

Lifeguard Flags

Règle N°3 : Les planches de surf bleues tu éviteras

En allant sur une plage australienne, tu ne peux pas passer à côté des planches de surf bleues gisant sur le sable. Et non, je t’arrête tout de suite, il ne s’agit pas de planches en libre service. Ces planches pointent systématiquement vers la mer et sont là pour indiquer les courants qui risquent de t’emporter vers le large. Ces courants existent sur toutes les plages et il y en a en général plusieurs par plage. Par exemple, sur Bondi, il y en a au moins 3, sur Coogee, au moins 2 selon les jours.

Planches de surf bleues

Selon les plages et les conditions de mer, ces courants sont plus ou moins forts. Pour tout vous dire, sur Coogee, pour l’instant je ne les sens pas vraiment même en me baignant dans l’axe de la planche…

Mais bon, on ne rigole pas avec ces courants car tous les ans, il y a plusieurs morts à cause d’eux (beaucoup plus qu’avec les requins soit dit en passant…). Les gens ne sont pas au courant (blague) de ces courants (rime riche) et se débattent en nageant à contre courant (3 hit combo) pour regagner la plage, jusqu’à épuisement, alors qu’il suffit de nager en parallèle de la plage pour en sortir et regagner ensuite tranquillement la berge.

J’ajoute juste que les surfeurs adorent ces courants car ça leur permet de passer la brisure des vagues sans le moindre effort. Bande de faignants…

Règle N°4 : Tiens ça sent la marée

Le titre est d’une classe extrême, certes, mais c’est pour vous dire que j’ai l’impression de me baigner en méditerranée tous les jours ici. Il y a zéro marée à Sydney. C’est assez frappant. Quelque soit l’heure à laquelle on va se baigner, on a l’impression que l’eau est au même endroit. Alors qu’on se baigne quand même dans un océan sacrebleu. D’après ce super site dédié aux marées, on peut d’ailleurs voir que la plus forte marée enregistrée à Sydney (world record) est de … 2 mètres … Impressionnant.

D’ailleurs je tiens à vous annoncer que le 26 mai prochain aura lieu une marée de psychopathe de … 2m. Je compte faire un live tweet pour l’occasion. #staytuned

Règles N°5 : Le requin n’est pas un mythe (enfin à moitié quand même)

Alors oui il y a bien des requins en Australie et oui il y a aussi des attaques de requins. Pas de panique néanmoins car :

  • Ça n’empêche pas que les plages soient blindées et qu’il y ait masse de surfeurs à l’eau. Donc la probabilité de se faire bouffer plutôt que son voisin est somme toute assez minime
  • Les attaques de requins, ça se passe surtout dans le Nord (Darwin) du pays et à l’Ouest (Perth)

 

Dans ces 2 régions, c’est juste ultra dangereux de se baigner. D’ailleurs, à Darwin, personne ne se baigne dans la mer étant donné qu’il y a en plus des crocodiles de mer (oui c’est sympa comme pays). Un petit reportage de M6 sur les crocodiles de Darwin en passant si votre boulot vous enchante aujourd’hui.

Le beau sac à main

Et pour vous rassurer encore plus, la dernière attaque (mortelle) de requin à Sydney remonte à 50 ans (avant la mise en place des « filets »).

Oui je parle de « filets » entre guillemets car d’après ce que j’ai entendu, il s’agit des filets non bloquants, qui ne couvrent pas la hauteur totale de l’eau mais sont placés à hauteur supposée de nage des requins… Donc le requin peut passer au-dessus ou en-dessous comme il le souhaite… Sécurisant n’est-ce pas ?

Comme autre mesure de protection, je peux aussi évoquer les sauveteurs qui sont aussi là pour scruter l’horizon et repérer toute nageoire qui apparaîtrait ainsi que les hélicos qui tournent très régulièrement dans toute la baie de Sydney dans le même but. Dernier conseil : les requins sont des chasseurs nocturnes apparemment, donc on évite d’être à l’eau à l’aube ou au crépuscule (et encore plus la nuit évidemment).

Règle N°6 : Les catégories de plagistes

Comme en France, on croise de tout sur les plages australiennes, notamment :

  • des top-modèles. Oui c’est cliché mais c’est vrai. Venez voir par vous-mêmes
  • des bidochons. Vous savez, ceux qui viennent avec la glacière, la radio, les chaises de plage, le parasol et qui déjeunent/dînent directement sur la plage bien installés dans leurs « chaises »… Il y en a aussi (malheureusement). Le pire étant les familles bidochons qui reprennent tous ces codes et qui ajoutent la myriade de gamins (souvent plus de 4) qui courent partout sans aucune gêne pour les voisins. A vous le sable dans les yeux, les chansons pourries dans les oreilles et les bonnes odeurs de sandwich thon/mayo dans le nez. Youpi !
  • des racailles. 2 choix dans cette population : les racailles françaises et les « racailles » australiennes. Les françaises, on les repère de loin, souvent en bande, survêtement relevé sur une jambe, casquette, bronzé/cramé, qui se croit tout seul sur la plage et qui ne se gêne pas pour accoster n’importe qui (plus précieusement le 1er type de population cité). Les racailles australiennes sont beaucoup plus civilisées. On peut toutefois les repérer à leur coupe de cheveux dite du « mulet »
  • des coureurs. On les croise plus particulièrement le matin vers 5/6h (avant d’aller au boulot) mais également toute la journée en nombre plus dispersé. Incomparable avec la France. Quand en France, on en voit 4 ou 5, ici on en voit des dizaines
  • des nageurs. Pour ceux qui n’aiment pas courir ou qui préparent un triathlon, on voit aussi quelques nageurs. Ils sont bien après les vagues, après les surfeurs, et font des longueurs de baie en crawl

 
Dernier point, on croise aussi un nombre impressionnant de piscines d’eau de mer. Il y en a sur toutes les plages que j’ai eu l’occasion de voir jusqu’à présent. La plus connue étant celle du Bondi Icebergs même si c’est une des rares à être privée. Je ne vois pas trop l’utilité à part « éviter » les requins, avoir une eau légèrement plus calme ou éviter le sable… En tous les cas, ça fait de super photos.

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Et voilà, désormais vous pouvez vous baigner sans fausse note sur les fabuleuses plages australiennes. Merci qui ?

 

017-Whitsundays4

Mai 3 2013

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