Parcours d’un excentrique

Comme promis dans cet article là, je vais vous parler aujourd’hui de la vie dingue du Tasmanien le plus connu en Australie, à savoir M. David Walsh.

David Walsh
Pour être honnête, j’ai entendu parler de lui grâce à l’exposition actuellement en cours à la Maison Rouge de Paris. Il s’agit d’une exposition regroupant plusieurs des œuvres de sa collection, ainsi que du Mona (museum of old and new art) et du Tmag (tasmanian museum and art gallery).

Mais bref, assez parlé d’art. L’objectif n’est pas là mais plutôt dans le parcours de David Walsh. Vous l’aurez compris, ce monsieur est donc actuellement collectionneur d’art (donc pété de thunes), mais pas que, loin s’en faut. En plus de sa collection d’art, il est également propriétaire du MONA dont on vient de parler juste au-dessus (il faut bien un endroit pour exposer sa collection) qu’il a entièrement fait construire ex-nihilo, ainsi qu’à la tête d’un réseau de parieurs dans le monde entier. Et oui c’est là l’ambiguïté du personnage.

Le Prequel

Parcours digne d’un film américain « cliché », il est originaire de Tasmanie, élevé par sa mère et détecté très tôt comme victime du syndrome d’Asperger. La faculté ou il étudie les mathématiques se trouve toute proche d’un casino, et cela tombe bien pour un surdoué comme lui. Il commence à y compter les cartes et à gagner quelques dollars, juste pour se prouver à lui-même qu’il y gagnait bien de l’argent au lieu d’en perdre comme le commun des mortels.

BlackJack
Il y passe de plus en plus de temps jusqu’à rencontrer un certain Zeljko Ranogajec qui deviendra son associé par la suite. Cet homme savait très bien ce qu’il faisait d’après Walsh et est encore à l’heure actuelle considéré comme un des meilleurs joueurs de BlackJack de la planète. Ranogajec va jouer le rôle de son parrain et va l’initier au monde du BlackJack et des courses de chevaux. Ce qui devait arriver arriva, ils se retrouvèrent banni des casinos Australiens et jetèrent donc leurs dévolus à Macau, en Afrique du Sud et en Corée.

Le jour où tout changea

Un jour de 1992 alors qu’il joue dans un casino d’Afrique du Sud, Walsh gagne 20 000$. Génial me direz-vous. Sauf que la loi sud-africaine n’autorise pas de sortir plus d’argent du pays que ce qu’on y a fait entrer. Walsh ne peut donc pas sortir du pays avec ses 20 k$. C’est alors qu’il voit une porte datant de la fin du XIXe siècle dans une galerie. C’était une antiquité du Niger, elle coûtait 20 000$. C’était moins compliqué d’exporter de l’art que de l’argent. Tout a commencé comme ça. 7 ans plus tard il crée son 1er musée en Tasmanie, un échec. Mais cela ne va pas l’arrêter.

Les temps modernes

En parallèle de sa nouvelle « passion » pour l’art, Walsh industrialise sa machine à cash. Il met au point des programmes informatiques, fondés sur des études statistiques, similaires aux programmes utilisés dans la finance pour lisser le risque. L’objectif : miser sur des milliers de paris en même temps, dont les positions s’annulent entre elles, ce qui a pour effet de gommer complètement le risque. Aujourd’hui, une centaine de joueurs dispersés sur la planète misent pour lui sur des courses de chevaux. Des mathématiciens, des ingénieurs, des informaticiens, des étudiants, et même un homme qui élabore le système de feux rouges d’une grande ville, constituent son armée de parieurs. Il fallait y penser.

Le MONA, & co

Dernier pari en date d’un homme hors du commun, la construction ex-nihilo d’un musée en Tasmanie, le fameux Mona. Walsh a d’abord enterré les salles pour inverser les rapports. «Lorsque vous entrez au Metropolitan à New York, vous êtes dominé par l’ensemble. Je voulais l’inverse». On descend dans sa grotte par un grand escalier circulaire, sombre et théâtral. A chaque étage un bar et ses cocktails, qui donneraient presque l’envie de ne jamais remonter. L’une des galeries principales est habillée de lourds rideaux de velours rouge. Sur les murs, aucune étiquette. La désorientation fait partie du jeu. Perdre ses repères aide à appréhender les œuvres avec un œil neuf. «Je ne voulais pas de textes didactiques ni de légendes. Il s’agissait de démonter les structures qui font que les gens se sentent écrasés par quelqu’un ou quelque chose quand ils visitent une expo. Je voulais retirer le stress que le musée génère pour que ceux qui ne sont pas académiciens se sentent à l’aise ».

le MONA
A l’accueil, on se voit confier un iPod. Un GPS accompagne le visiteur avec des interviews, des historiques succincts, un bouton like, un bouton hate. Au dernier sous-sol, d’immenses murs de grès suintent l’eau, preuve que la nature a, ici, encore des droits. Une installation fait apparaître dans une cascade les mots les plus tapés sur Google à l’instant même : «Obama», «data», «conflict», «flat», «Triffit» (joueur australien de cricket).

Bit Fall
L’homme ne fait pas dans la modestie et dans l’attentisme. Etant donné son immense fortune, après tout pourquoi se priver ?!? Il aime la bière et le bon vin: il produit ses propres bouteilles. Il adore jouer au tennis: il organise un tournoi féminin international. Il ne peut pas se passer de musique: il lance le Mofo festival et demande à Brian Ritchie de le diriger. Walsh est là tous les soirs au milieu de la foule, une bière à la main, sans garde du corps. L’argent ne fait-il pas le bonheur finalement ?

MONA Truck

MONA

Déc 9 2013

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